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Une direction pour notre musique : l'ombre
Avec le réchauffement climatique, la musique se doit de prendre le virage de la modération et du coeur.
"Puisque le soleil devient si brillant, il nous faut pour un temps retourner dans l'ombre"
En cette fin d'été 2008, si — comme on le prétend — la musique a toujours un temps d'avance, cette maxime pourrait donner la bonne direction à notre musique : le retour de l'ombre.
>> Redevenir une musique du rêve, comme aux premiers temps des transistors où les mélodies pépiaient dans la pénombre des cuisines ;
>> Redevenir une musique de vénération comme les incas vénèraient le soleil et le craignaient — car il est le premier Dieu de notre système, et pas des moindres, il est celui qui nous a donné et nous donne la vie ;
>> Redevenir une musique d'offrande marquée par les flèches de la mythologie grecque ;
>> Redevenir une musique de renoncement emprunte de courage et de force intérieure.
Redevenir un murmure comme la bossa-nova...
Notre goût actuel de l'éclat, de la star, des palmiers, de la plage, de la mer, d'une chaleur qui nous fait certainement défaut, nous a rendu aveugle ! Nous n'écoutons plus la musique, nous faisons semblant de la voir...
Cela est sans doute une chance car il reste simplement à nous tourner avec force vers le 2ème sens de l'homme. Il convient enfin de lui parler avec subtilité et conviction pour lui redonner l'espoir qu'il a presque perdu. La musique, par son sens, sa profondeur et sa portée, doit nous engager et nous émouvoir. Qu'on cesse de nous gaver !
La musique doit nous faire peur aussi. Du noir. Du noir absolu qui pourrait s'ensuivre. Un lieu terrible sans musique.
Dominique Prévost - septembre 2008
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