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Dessous de Scène, un tourneur entre France et Suisse
Jean-Luc Rousselet s'occupe du Booking et de l'administration des tournées chez Dessous de Scène Productions. Nous lui avons posé quelques questions sur le secteur, le métier et sur les liens de plus en plus incontournables entre la Suisse et la France.
LE-music : Qu'est-ce que Dessous de Scène Productions ?
Jean-Luc Rousselet : Une structure de production de spectacles.

Une actualité débordante sur la frontière franco-suisse...
Votre actualité la plus brûlante est le festival TransVoisines, du 3 au 31 octobre. Quelles sont les spécificités des artistes et de la scène - à un sens plus large (salles, festivals, labels...) - transfrontaliers franco-suisse ?
Plus que les « les spécificités des artistes et de la scène transfrontaliers franco-suisse », ce qui m’intéresse dans l’organisation du festival TransVoisines est l’échange des deux cultures française & suisse romande, tellement proche, avec des références similaires, un humour équivalent, et…une frontière qui semble renforcer l’idée du chacun chez soi. TransVoisines, c’est « chacun chez le voisin ! »
Quels sont vos objectifs en réunissant des artistes
des 2 côtés de la frontière ?
Mettre en exergue la proximité des 2 cultures, faire se rencontrer artistes et professionnels des deux pays, faciliter les échanges musicaux et montrer que la frontière n’est pas une barrière infranchissable.

... Et jusqu'à Paris !
Les 27 et 28 novembre, le festival Only French sera organisé avec l'association suisse Catalyse,
et proposera des artistes suisses et français.
TransVoisines, Voix de Fête, et maintenant Only French, comment expliques-tu ce foisonnement d'évènements entre la Suisse et la France ?
Tout d’abord je me réjouis de ce foisonnement !
La scène musiques actuelles suisse
est de plus en plus pointue et pertinente.
Il me semble difficile aujourd’hui
pour nous français de l’ignorer.
Au milieu de Live Nation, des majors et de leurs stratégies à 360°, penses-tu qu'il y ait un potentiel de création et de développement important dans
le secteur ?
Y a-t-il un avenir pour quelqu'un qui se lance aujourd'hui ?
Beaucoup de structures indé comme Dessous de Scène faisaient du 360° avant qu’on en parle autant, non pour décupler les profits comme Live Nation, mais pour effectuer un accompagnement d’artiste cohérent,
et parfois combler des manques.
Concrètement, lorsqu’un artiste que l’on « tourne » ne parvient pas à trouver de manager, d’éditeur ou de label, il est de notre rôle d’assumer ces fonctions ponctuellement, tout en faisant jouer notre réseau pour
l’aider à trouver ces partenaires.
A l’échelle internationale, le risque d’une concentration verticale (360°) et horizontale (3 ou 4 acteurs détiennent 85% du marché) à outrance, comme on l’observe actuellement, entraîne naturellement une diminution d’opportunités données aux nouveaux talents.
De plus la maîtrise des tarifs par ces quelques acteurs tels que Live Nation génère un effet pervers que l’on ressent de plus en plus à notre niveau. Les billets de concerts de stars internationales ont presque triplés en deux ans.
De fait, le grand public qui se résigne à payer un tarif prohibitif pour voir les Stones ou Madonna sera d’autant plus réticent à payer à nouveau pour découvrir un jeune artiste en concert, quand bien même le tarif est 10 fois plus bas.
Mais il y aura, à mon sens, toujours de l’avenir pour de nouveaux venus passionnés et inventifs, car le public sollicitera toujours de découvrir de nouveaux talents.
Vous vous êtes diversifiés vers la production et l'organisation d'évènements. Est-ce par sécurité économique, est-ce les évènements existants n'étaient pas toujours accessibles
ou est-ce pour créer de nouveaux espaces qui manquaient dans le paysage ?
Dessous de Scène Productions a toujours conjugué le rôle de tourneur, de producteur et d’organisateur d’évènements. « La nuit du Dub », festival produit en 2004, s’est déroulé alors que les statuts de la structure étaient à peine déposés…

Même s’il ne s’agit pas des mêmes finalités, ni exactement des mêmes tâches, le tour, la production et l’organisation d’évènement me semblent faire partie d’une même famille, ou en tout cas d’activités imbriquées et complémentaires.
La diversification est un terme qui me semble plus justifié lorsque l’on parle de 360°.
Quelles sont les qualités, compétences et éléments de dossier requis pour solliciter
un tourneur ?
Le réseau est capital. On reçoit tellement de propositions qu’il est difficile de tout voir et tout connaître. Du coup, lorsqu’un buz existe, ou qu’on reçoit échos sur un artiste par le biais d’autres pros, naît une attention particulière pour l’artiste en question.
Ensuite il faut que ça séduise notre équipe. Nous avons choisi ce métier par passion, on tâche donc de la faire vivre ! De plus on ne convainc personne si l’on n’est pas soi même convaincu du talent de l’artiste que l’on défend.
Enfin il faut que l’artiste soit à un niveau de carrière qui soit complémentaire avec les moyens
qu’on peut lui offrir. Concrètement nous sommes efficaces lorsque l’artiste a déjà effectué un premier parcours seul, s’est forgé une esquisse d’identité artistique, a croisé et séduit de premiers programmateurs. Tous les ingrédients sont réunis : à nous de faire progresser l’artiste tout en faisant monter le buz.
Merci Jean-Luc !
DESSOUS DE SCENE PRODUCTIONS
www.dessousdescene.com
www.myspace.com/dessousdescene
ET AUSSI
Tue-loup, Thierry Romanens, Toufo, Bertrand Betsch, Anja Garbarek, Les Ogres de Barback (Suisse), Festival TransVoisines
Également sur LE-music,
des articles sur les tourneurs :
> LE MÉTIER DE TOURNEUR
> TOURNEURS À NANTES
et des articles sur les Suisses :
> BARS EN FÊTE : ÊTRE LE OFF D'UN FESTIVAL
> LA CHANSON ROMANDE NOUS PRÉSENTE UN DRÔLE DE K
La rédaction - Octobre 2008
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